Humeurs

Quand le passé refait surface pour disparaître aussitôt

Je suis dans le métro. Il est 18h40 et ayant peu d’arrêts entre mes changements mon livre reste au chaud dans mon sac. Je fais ma curieuse et observe mes compagnons de route. Mon regard va d’une personne à l’autre en imaginant ce que chacun peut penser, à quoi peut ressembler sa vie… J’aime bien observer mon monde alentour et imaginer leur vie à tous, leurs rêves, leurs espoirs, leurs déceptions, leurs conjoints… Et mon imagination part et je m’écris des romans sur la vie de ces inconnus.

Et là je le vois. Près des portes. Je le trouve beau. Traits fins, yeux bleus, un peu plus grand que moi. Musclé mais pas trop. Souriant. Et en pleine conversation avec un ami. Son visage me rappelle quelqu’un. Pourtant je ne le connais pas. Je réfléchis. Et décidément non je ne le connais pas. J’en suis certaine. Je ne l’ai jamais croisé auparavant. Mais je le connais malgré tout. Et la ça fait tilt. Il est le sosie quasi parfait d’un ex. Celui pour lequel je suis venue sur Paris. Il a les cheveux un peu plus longs, une barbe de 3 jours, légèrement plus grand mais à ces quelques détails près il lui ressemble. De la couleur des yeux jusqu’aux fossettes quand il sourit. Ça fera bientôt 3 ans que je suis venue sur Paris pour tenter une expérience tombée à l’eau 2 mois plus tard. Et ça ne me fait rien. Le vide. Là ou j’aurais pensé voir les souvenirs affluer sans que je puisse les contrôler, il ne se passe rien. C’est le néant. Je souris et me dis que c’est une très bonne chose. Une excellente chose. Même si je le savais ça fait du bien d’avoir la preuve que oui, le passé est bel et bien derrière moi et la porte fermée à clef. Que je ne regarde pas en arrière, longtemps en arrière. Mon passé récent m’obsède encore parfois, j’y pense, j’en suis nostalgique certains jours, mais ce passé là, avec lui je n’y pense plus. Ce que je constate c’est que ce passé m’a transformé, m’a amené à devenir propriétaire, à redevenir célibataire et à profiter de ma nouvelle vie ici.

Certes le passé peut être douloureux et nous affaiblir un certain temps. Il peut nous poursuivre comme la teigne durant un long moment. Parfois on se rend compte que nos agissements, nos réflexions, notre façon de faire, nos choix vont être liés à nos expériences passées. Et un jour, on dit f**k et on change de façon de vivre, notre façon de voir le monde, les autres, les hommes, l’amitié, le travail… on remet en cause notre vision de la vie pour en adopter une plus juste, qui nous correspond plus, qui nous convient mieux. Notre rythme de vie va évoluer lui aussi. C’est lié. Tout est lié à notre manière de voir les choses. Cela va parfois créer l’incompréhension de notre entourage mais si cela nous convient après tout, il faut continuer et laisser faire et voir où la vague nous emmène. Surfer dessus tant qu’on tient debout sans trébucher… Et avancer en faisant fi des autres et de leurs avis.

Tu veux courir partout, avoir une vie où tu ne poses jamais parce que cela te convient à ce moment clé de ta vie, et bien fais le.
Tu ne veux voir personne, tu préfères rester chez toi en ermite parce que ça te fait du bien de n’avoir pour compagnon de route que toi, à ce moment là de ta vie fais le.
Tu veux faire des sorties ou voyages en solo, fais le.
Tu veux appeler ce beau mec ou répondre au mail d’un inconnu rencontré par hasard fais le.
Tu veux rencontrer d’autres personnes pour t’enrichir encore plus et bien fais le.
Tu veux appeler ton amie juste pour comme ça, pour rien de particulier, fais le.
Tu veux faire fi du passé, arrêter de vivre et voir les choses selon ce que tu as pu vivre il y a plusieurs mois, années, et bien fais le. Ne te retourne pas. Enlève ce rétroviseur qui te rappelle tes erreurs, tes regrets, garde juste dans un coin de ta tête ce passé glorieux où ce que tu as accompli, tes choix te rendent fier et avance droit devant.

Alors oui parfois je me retire de la civilisation, je me mets en retrait des autres, je me retrouve face à moi même, je ne suis pas très sociable, et ça dure parfois longtemps, mais me regarder dans la glace me fait du bien, penser à moi me fait du bien car une fois que je suis en phase avec mes idées, mes envies, je serais plus disponible pour les autres. Mon passé est dans un coin de ma tête, c’est grâce à lui que je suis ce que je suis, et même si j’essaie de regarder devant, parfois me le rappeler me permet de remonter la pente et d’aller mieux. De me rappeler ce qui m’est interdit de faire car je connais les conséquences. Car le passé nous forge, il ne faut juste pas lui donner trop d’importance. On ne vit pas dans le passé mais dans le présent. Aujourd’hui sera mon passé de demain mais il me permettra de mieux vivre demain et les jours à venir. Enfin je crois, tout ceci n’engage que moi bien sûr.

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30 commentaires sur “Quand le passé refait surface pour disparaître aussitôt

  1. Le plus important c’est comme tu le dis, de vivre comme tu en as envie, de vivre au présent et non pas au passé. Ce qui nous a amené à ce présent est maintenant terminé, il n’y a plus qu’à se sentir bien pour avoir un lendemain heureux.

  2. J’ai l’impression que tu as fait un pas de plus. C’est cool que tu puisses repenser à ça sans avoir toute la rancoeur du monde en travers de la gorge. Ca a dû être une sacrée étape dans ta vie mais au final, comme tu le dis si bien, ça a contribué à ce que tu es aujourd’hui…

  3. ah ce jour où on se rend compte que ce n’est plus qu’un souvenir sans sentiments… ça fait du bien.
    Pour tout le reste totalement d’accord avec toi enfin en théorie parce qu’en pratique même si j’ai envie de le faire j’ai souvent du mal.
    bisou

  4. J’aime bine aussi observer les gens… je tombe parfois sur des gens que je connais mais rien de négatif dans ce qui nous lie. Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Ton passé ne t’a pas tuée, il te rend plus forte, non ? (C’est pas de moi, hein !)

  5. Ce qu’on est aujrd’hui provient de notre passé, on ne peut pas le nier, le renier… ms s’en servir comme expérience, leçon de vie pour continuer à avancer… et savoir où on veut aller.
    Je me retrouve dans beaucoup de tes mots…
    Je suis une solitaire, j’ai vécu des « drôles d’histoire », des histoires atypiques, mais je suis restée fidèle à moi-même dans l’ensemble… Il ne faut pas s’oublier : personne ne peut vivre pour nous, à notre place : nous sommes maitres de nos décisions, de notre vie…

  6. Le plus dur c’est quand le passé est comment dire… « très récent » mais bon, un jour+un jour+un jour=un passé lointain de plus en plus oublié…courage ma Bavarde! Bizzz

  7. C’est vrai que c’est important de ne pas regarder en arrière pour pouvoir enfin avancer, mais parfois c’est plus difficile que d’autres. Bon courage à toi et s’il le faut tu le pètes en 1000 morceaux le rétroviseur 😉

  8. Cela m’apaise un peu de lire ton article. J’apprécie ton ton résolument positif et je trouve ta description de l’inconnu du métro très poétique.

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