Réagir ? Ok mais comment et à quel risque ?

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8 mars = Journée internationale des droits des femmes. Celui ou celle qui ne le sait pas est une personne qui aura refusé de le voir je pense. Les articles fleurent sur les réseaux et dans les magazines sur nos droits que l’on doit défendre au quotidien. Je suis féministe, à mon petit niveau certes, mais j’ai toujours cru et dit que je faisais partie du sexe fort. Depuis petite, cette sensation ne m’a jamais quittée. J’ai les mêmes droits qu’un homme point. Si certains nous font croire le contraire, on les emmerde. Je me suis toujours battue pour mes convictions, je me donne les moyens d’avancer dans ma vie de femme, je suis mes envies et pas celles des autres. J’ai travaillé d’arrache pied pour arriver où j’en suis aujourd’hui, j’ai appris à sortir de ma zone de confort pour suivre mes désirs et avancer sur ma route. Je la trace moi même, je suis indépendante, je me débrouille seule, et j’en suis fière. Et je mesure la chance de vivre tout cela car ce n’est pas le cas de bon nombre de femmes.

Je lis sur Marie Claire, je cite, que selon un rapport du Haut conseil à l’égalité hommes-femmes, 100% des femmes auraient déjà subi des sifflements, insultes voir même attouchements dans les transports en commun (fin de citation). Ca fait peur n’est ce pas ? Sauf que je ne fais pas partie de ces 100% de femmes. Alors soit je suis chanceuse, soit je suis la fille la plus insensible à son environnement quand je sors de chez moi. J’ai beau réfléchir, je ne me suis jamais sentie harcelée, sifflée ou insultée dans la rue ou ailleurs. Alors cet article m’étonne je l’avoue et m’effraie. Mais je ne vais pas pour autant arrêter de sortir de chez moi non plus, faut pas déconner. Mais j’ai conscience que le harcèlement, l’irrespect, les violences morales et physiques existent dans notre vaste monde. J’en ai eu la preuve hier dans le métro. Je vous raconte. Je devais rejoindre mes anciens collègues pour déjeuner, j’emprunte ma belle ligne 13 pour récupérer la ligne 2 pour les rejoindre. Je n’avais que 4 arrêts dans la 2, soit à peine 8 minutes de transports. Lorsque je monte dans le métro, je vois un couple debout, lui grande baraque d’1,90m à l’air passablement énervé, elle, enceinte et pourtant un nourrisson de quelques mois (une fille) a l’air inexpressif et qui regardait autour d’elle. Je vois un siège de libre et me fait la réflexion, pourquoi la femme ne l’a pas déjà utilisé ? Je reste debout devant ce siège avec l’idée de le proposer à la femme (même si je sais qu’elle l’a vu, un siège libre dans le métro ça se remarque !). L’homme crie, bouge les bras, gueule dans sa langue, ou dialecte. Quoi qu’il en soit je ne comprends rien mais je le trouve mauvais, violent dans sa façon de s’exprimer envers sa femme. Elle reste sans réaction et le laisse parler. Je la félicite intérieurement car je me dis qu’au moins, elle ne l’énervera pas plus. Un passager qui était assis, lève sa tête du journal et voit la femme enceinte. Il se lève, et aimablement regarde la femme et lui tend la main pour lui proposer son siège. Belle initiative de cet homme encore trop rare (pour l’avoir encore vu ce matin, c’est apparemment dur (même pour les femmes) de laisser leur siège à une femme enceinte mais passons).

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La femme le regarde, ne dit rien et n’en a même pas le temps, vu que son connard, enfoiré de mari crie au passager : Ta gueule, elle n’a pas besoin de s’asseoir elle reste debout, rassieds toi et tais toi ! Ok, le ton est donné et l’humanité (s’il en avait une) ne fait définitivement pas parti de lui. J’étais choquée, outrée et perturbée. Je ne vous raconte même pas la tête du passager qui se fait agresser pour une belle action gratuite. Il s’est rassis, penaud, épaules rentrées, limite effrayé et je suis sûre choqué. Ce passager faisait 10 cm de moins que cette brute et plusieurs kilos en moins. On nous demande de réagir si l’on voit ce genre d’agression se produire, de l’ouvrir, de dire quelque chose à défaut de pouvoir appeler les services compétents, mais que peut on faire ? J’aurais aimé proposer mon siège à cette femme, mettre au défit cet homme de me répondre mais j’en ai pas eu le courage. Moi petite nana d’1,70m et 56kg, comment puis je peser contre cette brute? Dire quelque chose ? A quoi bon, j’avais trop peur de m’en prendre une dans la gueule. Et le passager aussi. Et si l’on dit quelque chose, qui nous dit que la femme ne va pas trinquer derrière et se prendre des coups et se faire rabaisser ? Comment pouvons nous agir ? Comment prévenir les employés de la RATP qu’un mec, paraissant violent, irrespectueux traite surement mal sa femme et nous effraie ? Le temps de monter les escaliers, de parler à l’employé, le métro est loin, et le couple aussi ? Je voudrais agir mais comment faire ? Quoi faire ? Vous avez la solution vous ? Dites la moi ?

Alors je préviens tout de suite que ceux qui voudraient me dire mais t’aurais du faire ceci, ou dire cela, prévenir les employés, héler le mec… ! Euh comment vous dire ? Je tiens à ma vie hein… Peut être que des caméras dans les transports aideraient ? Des personnes en civil qui chaque jour, observeraient ce qui se passe dans les transports ? J’en sais rien. Je ne sais pas comment on peut arranger les choses si ce n’est déjà bien élevé la jeune génération et ne pas les laisser parler à leurs parents ou potes comme à des merdes ! Mais derrières les portes et les volets clos on ne sait pas ce qui se passe. On croise surement par jour un nombre incroyable de femmes (et d’hommes aussi) qui sont maltraités mais qui ne montrent rien. Que pouvons nous faire ? Comment aider ces personnes qui ont peur sans arrêt, n’arrivent pas à se sortir de ces situations ? J’ai l’appli Alerte 3117 qui permet de signaler un incident, je l’ai téléchargée ce soir, si j’avais su… Bref, c’est étrange de se sentir impuissant et très choquant. J’apprécie d’autant plus mon statut de femme indépendante, libre de mes choix, libre de coucher avec qui je veux, d’avoir l’occasion et la force de dire non. Pour celles qui ne peuvent pas se battre et lutter, je le ferai pour elles.

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5 commentaires sur “Réagir ? Ok mais comment et à quel risque ?

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  1. Désolant qu’en 2018, on voit ça encore et on y peut rien. Bcp a été fait mais le combat est loin d’être fini. Je me suis battue pour mon statut actuel et je ne l’ai pas eu par acquis. J’y tiens fort et je le dis aussi, je me bats et je parle pour celles incapables de le faire. Pour ceux incapables de le faire aussi. Il y a aussi des hommes violentés mais on en parle moins. C’est un sujet encore tabou.

    1. C’est tout à fait vrai ! Pas évident tout ça, ça évolue mais si déjà les jeunes respectaient leurs potes ça serait pas mal ! Mais bon, tout est question aussi parfois d’environnement familial !

  2. Comment réagir face à de tels comportements? Ne peut on vraiment rien? Pas si sur. Déjà, la personne qui s’est fait remettre à sa place était en droit de faire remarquer qu’il n’avait pas à lui parler comme ça ne serait-ce que par politesse. Les personnes autour étaient en droit de l’appuyer. Après, il n’est pas question de critiquer le comportement des gens : ils ont peur ou restent concentrés sur leur moi. Il n’est pas question de prendre des risques et se mettre en danger.
    Il y a des personnes ou les mots ne servent à rien. Tu as beau mesurer 1,90 et peser 90kg, ça n’aura aucune incidence sur la personne devant qui n’attend qu’une chose : l’agressivité.
    Ça m’est arrivé une fois dans un train : j’ai beaucoup parlé, une personne a osé dire que j’avais raison et devant… un bon c—— qui entendait rien… pourtant je n’y suis pas allé de main morte dans mon commentaire: dans ce cas il n’y avait plus qu’une solution et la c’est toi qui te met en tort vis à vis de la loi…
    je suis aussi amené à travailler avec des forces de l’ordre qui se font régulièrement insulter : ils disent rien ! Je leur ai fait remarquer : la réponse : « c’est rien ça, on arrêterait pas sinon « … alors…
    bref.
    Il est désolant de voir des personnes qui restent dans ce contexte car je ne pense pas que c’était la première fois que le mec agissait de la sorte : comment peut on rester avec un mec pareil???
    Facile à dire me dira t’on.
    Pourtant la clé est là… si elle n’est pas libre de ses faits et gestes, c’est une autre histoire bien entendu : il paraît évident de fuire!
    Homme ou femme, on a pas à endurer de tels comportements. Pourtant certains l’acceptent.

  3. Quand tu parles de l’irrespect, des violences morales et du harcèlement physique, ça me fait penser au livre « Vendues » de Zana Muhsen. Je lis la même détermination de Zana dans ton article. Se battre et lutter pour celles qui ne peuvent pas, c’est une belle initiative.

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